Bon un sujet un peu galvaudé mais comme ce blogue est tout récent et que j’ai rien poster dernièrement pour des raisons de déménagements, je me suis permis de traduire librement une  entrée d’un bloggeur architecte de Trenton au New Jersey.

« Si on doit aller à la court, on peut remplir de la paperasse soi même, dénicher nos preuves, manquer des journées de boulot pour se rendre au palais de justice et attendre, se fendre le fion à discuter avec l’avocat de la partie adverse et plaider devant le juge afin de se faire entendre. Ou on peut engager un avocat (un professionnel accrédité qui nous guide et nous facilite la tâche durant tout le processus. Avons-nous obligatoirement « besoin » d’un avocat? Non. Mais on serait dingue de s’en passer.

La même logique s’applique la plupart du temps à l’architecture (pour la construction résidentielle unifamiliale isolée puisqu’autrement et à quelques exceptions près l’embauche de l’architecte est obligatoire). Vous pourriez passer au peigne fin le règlement de zonage local, le code national du bâtiment, dessiner vous-même vos plans et autres spécifications, partir en soumission auprès de quelques entrepreneurs sélectionnés par vos soins, négocier un contrat raisonnable et équitable, surveiller l’état d’avancement des travaux (en manquant sans doute quelques jours de boulot). Cependant, engager un architecte membre de l’ordre (c’est un pléonasme, je sais!) ne vous évitera pas seulement quelques tracas, votre architecte apporte son expérience et ses connaissances et peut vous aider à ajouter de la valeur à votre projet en plus d’adapter votre logis à vos besoins et delà de ce que vous pourriez imaginer. Je ne parle pas là de prouesse plastique et esthétique digne d’un mégalomane mais encore une fois de la connaissance élargie d’un professionnel qui connait les produits, les façons de faire et qui peut arriver avec des solutions pratiques, économiques, ergonomiques et originales qui ne sont pas « standards ». Alors, quand avez-vous « besoin » d’un architecte? À chaque projet!

Un architecte offre une multitude de services en plus du traditionnel « dessin de plan ». Par exemple, si vous cherchez à acheter une nouvelle maison (ne faites pas confiance à l’agent d’immeuble qui vous dit que vous pouvez abattre certaines murs ou que vous pouvez construire un étage supplémentaire (certains poussent tout simplement leur vente et s’aventure aussi loin que leur conscience leur permettent). Pour une heure (les frais varient d’un professionnel à l’autres), vous pouvez avoir une opinion beaucoup plus soutenue sur ce que vous pouvez ou ne pouvez pas modifier et combien ces changements peuvent coûter.

La grande maison de vos rêves ne sera plus très impressionnante si vos voisins immédiats choisissent également le même modèle chez Laprise (même si vous avez modifiez quelques éléments). Rencontrez un architecte et discutez avec lui de la façon dont vous aimeriez vivre dans votre maison. Ainsi, vous risquez beaucoup plus de vous retrouver avez un logis beaucoup plus douillet puisque adapté à votre style de vie, et ce, même si vous êtes parti d’un plan dans un catalogue.

Peut d’entre vous verront l’excavation d’une maison à un million de dollar avant longtemps, c’est normal. Mais il est fort possible que vous entrepreniez de rénover votre cuisine ou de convertir votre grenier en un espace de bureau contemporain et surprenant. Peut importe le projet, un architecte pourra vous aider à décider ce qui est le plus seyant pour vos besoins/goûts/ votre terrain, etc. Même si vous n’avez pas besoin de documents graphiques ou de permis, vous pouvez quand même obtenir une consultation, un petit conseil ou quelque orientation pour votre prochain projet. »

Traduction du texte de Brian Viehland

On peut donner à Régis Labeaume les plus vils motifs, qu’il tente de s’attirer du capital politique alors qu’il roule en grosse Lincoln, qu’il prône toutes sortes de « gaugaucherie » alors qu’il ne prend pas l’autobus, on s’interroge sur son mode de vie à LUI alors qu’il force les citoyens de Québec (et d’autres municipalités) à respecter des règles très strictes. On peut douter si il en serait aise s’il n’était pas lui même maire.

Contrairement à ce qu’on peut croire, il donne l’exemple en impliquant la ville. Il agit non pas en tant que citoyen mais comme maire et c’est ce qu’on attend de lui. On peut donc réagir très fortement si on le souhaite mais  la réalité demeure : ll a trouvé un moyen de pousser ses citoyens à agir de façon responsable,  il oriente le troupeau comme le fait un vilain chien de berger qui jappe et qui mordille les jambes du troupeau. Mais je crois qu’à long terme c’est pour le mieux.  J’aime penser que grossièrement, ces règlements désagréables pour les promotteurs  qui amènent à freiner le développement autour du bassin versant du Lac-St-Charles ou de protéger les aires boisées en limitant la superficie constructible du territoire sont des balises pour l’innovation chez les développeurs et les constructeurs. Vous me direz que c’est précisémment le cas du règlement de zonage et vous avez raison mais ce sur quoi il faut porter son attention est l’aspect innovation. La ville prévoit justement répéter le colloque à ce sujet cette automne.

En effet, jusqu’à présent, le zonage est souvent vu à petite échelle et est perçu comme un irritant. « Je peux pas faire une cenne avec ce terrain là, le zonage permet pas suffisamment d’étage », « Je voudrais construire ici mais je dois absolument faire au moins 5 étages ». Parce qu’au delà du gabarit, les promoteurs peuvent réellement faire ce qu’ils veullent..

Ainsi en freinant légèrement le développement et en ouvrant la voie à l’idée du tramway et au développement résidentiel mixte le long du coteau Ste-Geneviève entre Ste-Foy et St-Roch, la ville de Québec ouvre la porte à une nouvelle façon de faire la ville. En effet, certains des wannabe banlieusards ne pouvant pas se construire en banlieue seront peut-être tenté de construire leur nid près du centre-ville. Et puisque les développements ne sont pas encore érigés, ils auront sans doute envie de conserver certains avantages de la banlieue tout en étant conscient qu’ils ne peuvent pas tous les avoir (surtout depuis que le méchant Labeaume les en a empêché!). Ne vous surprenez donc pas si ces désirs se matérialisent dans les projets à venir à mi-chemin entre le centre-ville et les banlieus de première couronne…Les écos-quartiers et autres Cités-Vertes sont une résonnance à la fois des volontés de la ville et du potentiel dont je vous parle.

La question de fond étant : « comment faire pour conserver les avantages de la banlieue en ville maintenant qu’on ne le peu plus aussi facielement? ». Il faut se questionner à la base sur les qualité et les défaut (s’il y a lieu) qu’on trouve à la banlieue. Après, on a du jus pour tester des nouvelles formes, des typologies hybrides et délirante (c’est à ce moment que l’architecte est fier du client qui est devant lui et qui n’en croit pas ses oreilles d’être aussi bien tombé …) entre la cabane au Canada et le world trade center..  … ou pas, enfin, la table étant mise quand même pour brasser la cage aux idées préconçues. Idées  qui, bien que confortables peuvent souvent être modifiées pour le mieux sans nécessairement renverser les modes de vies (à ce sujet, je vous renverrais au projet Little Denmark de l’atelier B.I.G, des Danois qui ont participé au concours d’agrandissement du MNABQ)

Évidemment, il faut éventuellement des promoteurs qui ont un minimum de « guts » mais , ce pré-requis est nécessaire à tout pas en avant. En attendant, il nous suffira à nous (architecte, ingénieurs et comparses ) d’avoir notre cran à porté de main (sans compter nos arguments bétons et nos schémas conceptuels clairs et préalablement imprimés) lorsqu’on nous mettera devant la possibilité de faire quelques choses de plus simple, moins éthique, plus petit, moins lumineux, moins vert et moins cher.

Réaction suite à cet article.

Voilà, j’ouvre un blogue. Sans trop savoir dans quoi je m’embarque, je me lance.

J’apprécie ce coup de folie puisque rare sont les occasions où un architecte (dans mon cas, un stagiaire en architecture) peut prendre des décisions au vol sans seconde pensé, sans réfléchir aux conséquences de l’acte ou si cette décision rendra plus ardue la conception des détails d’étanchéité.

Je vais donc éventuellement débattre des aléas de la vie de professionnel en architecture sans éviter les sujets collatéraux (l’urbanisme, la politique, la vie en général) puisque la formation d’architecte et le travail qui en résulte influencent et sont influencés par ces autres sphères. Les sujets traités ne risquent donc pas d’être objectifs et c’est tant mieux.